Connaissez-vous la méthode Disney ?

Quel est le point commun entre Mozart, Freud, Léonard de Vinci, Einstein, Artistote, Walt Disney et… Robert Dilts ? Si les premiers sont unanimement reconnus comme de grands génies créatifs, le dernier, spécialiste de la PNL, a passé au crible leur mode de pensée pour tenter de définir leur « stratégie du génie ». Il en résulte une série de livres parus aux éditions Desclée de Brouwer (en français), et une théorie très en vogue chez les coachs : la stratégie Walt Disney. Si on a déjà tout dit et redit sur cette méthode, elle mérite toujours d’être testée pour allier efficacement créativité et sens pratique…

Dans son livre « Mozart et Disney : Stratégies du génie », Robert Dilts cherche à modéliser le fonctionnement créatif du compositeur et du producteur. Il découvre qu’ils sont tous les deux à l’écoute de leurs rêves, qu’ils parviennent ensuite à transposer dans la réalité. Walt Disney résumait ainsi l’opération : « Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver. Ensuite, réveillez-vous calmement et allez d’un trait jusqu’au bout de votre rêve sans jamais vous décourager. » En décomposant le processus créatif du créateur de l’empire Disney, Robert Dilts en vient à la conclusion qu’il n’y avait par un Walt, mais trois : le rêveur, le réaliste et l’empêcheur de tourner en rond…

« There were actually three different Walts: the dreamer, the realist, and the spoiler… »

Robert Dilts

De ce constat est née une méthode qui fait les choux gras des coachs : la stratégie Disney. Selon les besoins, elle peut prendre la forme d’un jeu de rôle pour faire avancer une équipe entière, ou s’appliquer à un raisonnement individuel avec autant de succès. Sans rentrer dans les détails, elle repose sur trois séquences qui reprennent les différentes facettes du père de Mickey :

1/ LE RÊVEUR : Au départ, il faut commencer par rêver son projet, sans se soucier des limites ni des contraintes. Tout est permis, il s’agit là de laisser libre-court à sa créativité. Lâchez-vous et osez allez au bout de vos idées les plus folles…

2/ LE RÉALISTE : La deuxième étape marque un retour au pragmatisme et au concret, sans pour autant entrer dans les détails. C’est le moment de faire évoluer les idées les plus farfelues pour les rendre réellement envisageables, par exemple en posant les bases d’un storyboard.

3/ LE CRITIQUE : Il fallait bien que cela arrive, donc voilà le moment de regarder ses idées sous l’angle organisationnel et budgétaire, quitte à se faire l’avocat du diable quand cela est nécessaire. Mais cette étape doit permettre de faire avancer le projet en prenant de la hauteur et en peaufinant les détails, sans tout remettre en question pour autant…

Dans le cas d’un jeu de rôle en équipes, on peut faire « tourner » le projet plusieurs fois entre les trois parties, en prenant soin que chacun fasse avancer l’idée sans la dénaturer. On parvient ainsi à dépasser la traditionnelle opposition entre créatifs et pragmatiques pour parvenir à un résultat étonnant !

Si certains coachs présentent cette méthode comme la solution magique à tous les problèmes de créativité et de management, je pense qu’elle a vraiment le mérite de débloquer des situations critiques. Alors la prochaine fois que vous stagnez sur une idée qui n’avance pas assez vite, au lieu de procrastiner en allant faire un tour à Disneyland ou en allant voir le dernier Star Wars, ayez le réflexe Walt Disney et commencez simplement par fermer les yeux et à rêver…

Virgil Benyayer