Quand Rafael Nadal nous apprend à rebondir

Cela fait déjà presque 4 semaines que nous sommes à l’arrêt. Après l’énergie des premiers jours, nous avons parfois l’impression que le temps se suspend, se délite, ralentit… Plus l’activité économique se rétrécit, et plus cette parenthèse imposée prend des allures de coup dur. Et si on prenait exemple sur un champion pour traverser cette épreuve et en ressortir plus fort ?

En 2007, Rafael Nadal a 21 ans, et il est déjà le roi de la terre battu. Invaincu sur cette surface l’année précédente, il se maintient dans les deux premières places du classement ATP depuis près de deux ans et arrive en finale de Wimbledon avec la ferme intention de battre son éternel rival, Roger Federer. Mais une fois de plus, le gazon anglais lui porte malchance et il voit la coupe lui échapper au cinquième set, après quatre balles de break. En sortant du terrain, Rafael est terrassé par la défaite, avant de fondre en larmes dans les vestiaires.

Heureusement, Rafael a un entraîneur, et un bon. Son oncle, Toni Nadal, va transformer cette défaite en moteur pour le faire avancer plus loin. Devant le désespoir du joueur qui est persuadé qu’il ne pourra plus jamais gagner, il lui répond : « tu n’as pas de raison de pleurer. Ce qu’il faut faire c’est continuer d’essayer.

Picasso disait : quand l’inspiration arrivera, qu’elle me trouve en train de travailler.

Dans cette vie, ce qui dépend de nous, c’est le travail. C’est tout ce qu’on peut faire, travailler, et se battre sans relâche ».

Alors Toni et Rafael ont travaillé. Ensemble, ils ont analysé le jeu du sportif, décelé ses faiblesses, cherché des stratégies pour les contrer. Rafael a changé ses habitudes de jeunesse pour trouver de nouvelles tactiques d’attaque. Et ça a marché. En 2008, Nadal joue contre Federer une finale de Wimbledon spectaculaire, en 4h48. Juste avant la tombée de la nuit, il remporte la victoire en 5 sets et devient le premier joueur depuis Borg à réaliser le doublé Rolland-Garros/Wimbledon, avant de réaliser la carrière qu’on lui connaît.

Wimbledon n’aura pas lieu cette année, mais nous pouvons, chacun à notre niveau, profiter du temps que nous offre cette pause inattendue pour préparer nos prochains matchs. Prenons le temps d’analyser notre parcours, nos points forts, nos points faibles. Mettons à profit cette période pour chercher de nouvelles stratégies, de nouveaux axes de travail. Le rythme frénétique de nos vies a cédé la place au temps de l’introspection, de la réflexion. Et ce temps n’est jamais un temps perdu, c’est au contraire un temps précieux pour avancer plus loin et plus vite après…

Alors si vous ressentez des moments d’abattement, pensez à Nadal, et prenez le temps d’affiner votre stratégie, sans pression, à votre rythme. La reprise arrivera, et alors vous serez prêt à gagner. Courage !

Virgil Benyayer